Les secrets du tarot : le voyage du Bateleur vers la libération
Pour quelles raisons le tarot a-t-il été créé ? On n’a toujours pas de réponse certaine à cette question. Mais ce qui est de plus en plus clair quand on avance dans sa connaissance, c’est que son but dépassait de très loin la simple divination ou même la connaissance de soi. Si vous observez les arcanes majeurs du Tarot de Marseille dans leur ensemble, vous verrez qu’ils sont agencés de façon à montrer un chemin. Ça, vous le savez probablement déjà. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’à chaque étape de ce chemin, de nouvelles découvertes apparaissent. Et ce chemin semble ne pas avoir de fond.
Dans cet article, je vous propose de suivre le Bateleur depuis sa naissance jusqu’à la question finale que pose la carte du Monde. Ce voyage est, à mon sens, un des secrets du tarot les plus importants à comprendre.
Les secrets du tarot commencent avec le Bateleur
Le Bateleur contient en lui tout le potentiel de l’humanité. Il porte simultanément l’espoir de sa libération et les conditionnements qui vont l’en empêcher. Dès le départ, il est enfermé dans un système dont la Papesse va essayer de le libérer. Mais ce n’est pas aussi simple.
Une promesse en devenir
Le Tarot de Marseille commence par le Bateleur. Contrairement au Rider Waite qui commence par le Fou. Le Bateleur, c’est l’enfant qui vient au monde. Son potentiel est infini, ou presque. En principe, parce qu’il n’est pas encore conditionné par la société, la culture, les croyances qu’on va lui inculquer. Encore que… le conditionnement que nous portons vient de beaucoup plus loin que l’éducation reçue dans cette vie. Nous le portons en nous avant même de naître. Mais chuuut, c’est un des secrets du tarot.
Dans le Tarot de Marseille, le Bateleur tient sa baguette, son denier au niveau du chi. Mais il est dans son ressenti. Il n’est pas encore actif, cependant réceptif. Pour explorer le potentiel de cette carte : la méditation guidée du Bateleur.
Les conditionnements déjà présents
L’enfant, même très jeune, porte déjà des conditionnements. L’éducation et la société en créeront d’autres par dessus. Mais pour que ça fonctionne, il faut un terrain favorable. Il est difficile d’apprivoiser une bête sauvage. L’enfant, lui, se laisse apprivoiser. Ce que montre le Bateleur avec ses pieds en canard, c’est de l’indécision. Comme une peur de son propre potentiel, des freins déjà là pour le faire douter de ses capacités.
Ce qui enchaîne le plus l’homme est sa peur du monde.
Le Bateleur a les pieds en canard et le regard tourné vers la gauche et vers le bas. Il réfléchit, ou ressent. Mais il n’est pas actif.
Le cadenas de l’ego
L’ego comme système d’autolimitation est déjà présent. Nous avons en nous un système interne d’autolimitation qui fonctionne mieux qu’une vraie cage avec des barreaux. Si on observe un cheval à qui on a mis une limite, il ne la franchira pas, comme s’il y avait une barrière invisible. C’est pareil pour nous, sauf que chez l’humain c’est plus subtil. Ça se trouve dans les émotions, les pensées, les réactions automatiques.
Ce qui tendrait à faire comprendre que dans notre dimension, il y a une forme de limitation qui nous empêche de nous connecter à d’autres capacités. Comme si nous étions dans un champ dans lequel il est très difficile de sortir.
La Papesse et la voie de la libération
La Papesse est une figure emblématique dans le tarot. Les secrets du tarot passent obligatoirement par son message. Qui a vraiment entendu ce qu’elle dit ?
Pour moi, la Papesse est la voie de la libération. Mais son message est si difficile à assimiler. Non pas qu’il soit compliqué à comprendre intellectuellement. C’est plutôt que nous n’avons pas le bon système de décodage. Alors ce que nous ne comprenons pas, nous le rangeons dans les secrets du tarot. En fin de compte, il n’y a aucun secret nulle part, seulement une incapacité momentanée à comprendre.
La Papesse connaît notre origine que nous ne pouvons concevoir. Elle sait qui nous sommes, ce que nous avons oublié.
Cependant, à ce stade, le Bateleur est jeune. Il entend l’information mais ne peut pas vraiment l’assimiler parce que la pression externe est plus forte. Cette tentative de la Papesse est néanmoins utile. Elle a semé une graine qui pourra le sauver plus tard.
Ce qui est intéressant, c’est qu’elle apparaît en deuxième position. Tout au début de la vie du Bateleur, et non pas plus tard quand il serait plus mûr pour comprendre. Ce que j’en déduis, c’est que la connaissance des secrets du tarot est nécessaire au Bateleur dès le départ pour qu’il puisse les reconnaître quand ils se révèlent à lui ensuite dans son parcours. Si la Papesse ne parlait pas, il ne pourrait pas accéder à ces secrets. Et nous non plus.
La pression sociale et le formatage du Chariot
Ensuite l’enfant grandit avec ses parents, l’Impératrice, l’Empereur. Cette phase du tarot est d’une conventionnalité remarquable. Le Bateleur est conditionné dans le monde matériel, la matrice. On lui inculque des règles, on grave en lui des interdictions, on lui fait croire que beaucoup de choses sont impossibles. Et il fera comme notre cheval, il sera convaincu de leur impossibilité.
Le Bateleur du 21e siècle est tout aussi formaté que celui du 10e siècle. Seuls les arguments et les buts changent. Il demeure élevé dans la matière. Il devient alors le Chariot, l’adolescent plein de fougue qui croit pouvoir dévorer le monde par le mirage des biens matériels et du pouvoir. Ce jeune homme ne sait pas encore qu’il est limité parce qu’il n’agit que dans la matière. Et c’est bien là le but. Le conditionnement inscrit dans les gènes du Bateleur, c’est la déconnexion avec sa partie divine, d’où il vient et qui il est vraiment.
Le tarot dénonce aussi bon nombre de ces comportements dans les suites. Il faut bien comprendre le tarot comme un tout. Les suites des épées montrent les problèmes du mental, les bâtons les excès d’énergie, les coupes la gestion des émotions, les deniers le lien à soi et à l’univers. Toutes les cartes se renvoient les unes aux autres. Elles sont utiles pour comprendre comment nous fonctionnons. Et encore plus pour nous libérer des conditionnements qu’elles décrivent.
Une rencontre décisive
Le Chariot vit dans le monde matériel de ses parents. Il rencontre la Justice, qui édicte des règles pour tenir les humains dans un système. Elle est la projection de l’ego du pouvoir en place pour s’assurer que les humains suivent les règles et ne se révoltent pas. La Justice a pris plusieurs visages au cours des siècles. Le tarot la représente très bien avec son glaive un peu penché et sa balance pas tout à fait équilibrée dans la version Camoin.
C’est là que le Chariot commence à comprendre. Il s’aperçoit que la Justice est une prolongation du pouvoir en place. Qu’elle n’est pas là pour servir les hommes mais pour mieux dominer. Elle est au service des plus grands intérêts, ou des plus forts.
La recherche de la liberté : de l’Hermite à la Roue de Fortune
Le Chariot s’aperçoit qu’il y a des choses qui ne collent pas. Il a besoin de faire le point. Il devient Hermite. Il cherche de l’information dans ce qu’il a appris, dans ce qu’il comprend. Il cherche la vérité. Seulement, c’est difficile. Les informations sont tronquées, codées, il n’arrive pas à accéder à ce qu’il cherche vraiment. Tout est très caché. Et en plus, ses conditionnements et l’enfermement de l’esprit l’empêchent de sortir de certains programmes internes de pensée.
Il erre comme ça un moment. Puis la Roue de Fortune lui fait prendre conscience d’une première réalité.
La Roue de Fortune est en elle-même un des premiers puzzles des secrets du tarot. Cette étape est indispensable pour comprendre la suite. Il lui apparaît que nous vivons des cycles. Mais ces cycles pourraient très bien être des vies, tout autant que des tranches de vie de l’humanité. Dans ces cycles, nous vivons des phases et nous sommes aveuglés par le monde matériel. Tout ça n’est peut-être qu’un mirage, comme la roue elle-même.
Ça le conduit à se dire qu’il doit prendre la vie autrement. Sortir de la spirale infernale. Mais la roue montre aussi le conditionnement profond de l’homme. Il est dans la roue. Beaucoup ne voient rien et tournent dedans comme des hamsters. Lui commence à prendre du recul. Il voit ses congénères asservis et conditionnés, et il devient triste et révolté. Il continue son chemin de prise de conscience. Il découvre alors qu’il est composé de différentes parties : les émotions, la partie animale et instinctive, et la partie divine et spirituelle. Et en lui, se trouve un terrain de bataille.
La lutte contre les instincts
Il cherche à mieux comprendre ses instincts. Il devient la Force. Mais en découvrant son fonctionnement interne, ses faiblesses, il est à nouveau consterné. Il découvre d’autres leviers en lui, encore plus forts, qui le ramènent sans cesse à sa condition. Comme si nous étions des programmes. Programmés pour réagir de certaines façons, penser de certaines façons. Il se sent impuissant. Comment lutter contre quelque chose d’implanté et de plus fort que soi ?
Le lâcher prise du Pendu
Le Pendu marque son arrêt face à tout ça. Il lâche. Parce qu’il ne peut rien faire d’autre. Pour arrêter d’actionner tous ces programmes qui se mettent en route automatiquement, les peurs instinctives, les émotions toxiques, la culpabilité, tout ce qui l’enferme, il doit faire le vide. Le silence. Arrêter de donner prise aux émotions pour ne plus activer les programmes.
Le Pendu est sa réaction à toutes ces révélations surprenantes et difficiles à digérer. Mais une fois qu’il commence à intégrer l’information, il comprend. Il prend la décision de vivre autrement. De ne plus croire à ce qu’on lui a appris. Il veut s’affranchir des conditionnements autant qu’il le peut, tout en sachant qu’il devra vivre avec.
L’Arcane sans nom est sa décision de rupture avec les modèles appris. Couper avec les réflexes, sortir des programmes qui tournent en lui. Et c’est ce qu’il arrive à faire avec Tempérance. Du moins, il le croit. Mais il est en bon chemin. Il a compris que tout est énergie et que la vraie bataille ne se situe pas dans la matière, mais au niveau de l’énergie. Il cherche alors à rééquilibrer en trouvant la voie du milieu. Ne pas prendre parti, ne pas être dualiste, laisser le flux libre, ne pas donner de prise aux conditionnements pour qu’ils se mettent en mode automatique.
Le vrai visage du conditionnement : le Diable
Mais le pouvoir le rattrape. Le Diable. Le Diable n’est pas forcément l’idée qu’on s’en fait. Le Diable, c’est surtout l’internalisation du conditionnement et de la prédétermination de l’humain. Ça veut dire que le Diable n’est pas la nature de l’humain, mais quelque chose qui agit en lui, ou qui a été mis en lui pour lui faire perdre sa vraie nature. Pour le détourner de qui il est vraiment. Le Bateleur a fait tout ce chemin pour comprendre qu’il y a quelque chose en lui, en l’humanité, qui agit contre lui.
Le programme Smith dans notre Matrix intérieure
Quelque chose fait que nous avons été déconnectés de la Source. Et depuis, nous errons pour retrouver qui nous sommes et comprendre d’où nous venons. C’est ce que certains appellent la séparation. Le Diable joue ici le rôle d’un virus interne, un peu comme le programme Smith dans Matrix. Ce programme est tellement bien conçu qu’il agit à travers toutes sortes de blocages et de clivages internes comme l’ego et bien d’autres, dont nous sommes absolument persuadés qu’ils viennent de nous.
En réalité, ils viennent de nous, certes, parce que nous avons été conditionnés ainsi. Mais ce conditionnement a été mis en place non pas parce que nous sommes ainsi par nature, mais parce que nous avons apparemment subi une ingérence.
C’est pour ça d’ailleurs que le Diable n’apparaît qu’en 15 et non pas au début. Si c’était le cas, il serait trop facile de voir son œuvre. Et aussi parce qu’appartenant au deuxième cycle du tarot, il fait partie du monde de l’énergie et non de la matière. Il est énergie agissant sur la matière.
La Maison Dieu est la réponse du Bateleur. Il est révolté de tout ce qu’il vient de comprendre. Il explose devant les injustices commises envers l’humanité. Il vient de découvrir un des plus grands secrets du tarot : nous avons été déconnectés de la Source.
Tout est inscrit dans le tarot et au fur et à mesure que l’on avance dans la connaissance, le chemin s’élargit.
La Maison Dieu pousse le Bateleur à se révolter, à refuser tous les conditionnements et tout ce qui a été mis dans le génome humain pour le servir. Cependant, sortir de tout ça n’est pas simple.
Le dur chemin vers la libération
Il rencontre une phase d’accalmie où il commence à se connecter avec l’Univers. Il comprend mieux le rôle de l’énergie et comment elle fonctionne. Ses capacités se développent. Il devient plus sensible, plus intuitif. Il comprend aussi le rôle de l’énergie-amour, cette énergie de création qui a été masquée par le Diable depuis la nuit des temps, poussant l’homme à encenser la guerre et la colère plutôt que la paix et l’amour. Il vit maintenant plus en harmonie avec ce qui l’entoure.
Mais il lui est toujours impossible de se libérer complètement du conditionnement. La Lune lui montre de quoi il est vraiment fait. Il découvre ce qui se passe en lui. Ce qu’il a tant cherché lui apparaît dans les profondeurs de la Lune. Il est consterné mais maintenant serein. Parce qu’il sait enfin. Il vient de découvrir d’où il vient, son origine divine, et tout ce qui s’est passé ensuite.
Une autre vérité encore plus forte lui apparaît. Nous ne pouvons rien faire seuls. La vraie révolution contre l’asservissement de l’humain ne peut se faire que collectivement. Nous sommes un tissu d’énergie, tout ce qui se passe chez l’un se répercute chez l’autre. C’est ce que dit le Soleil quand la vérité éclate en plein jour. C’est à ce moment-là que l’homme est libéré et peut enfin prétendre à nouveau à l’Éden. Les secrets du tarot ont éclaté au grand jour. Le Jugement est alors l’avènement total de la vérité. Le Bateleur est libre, enfin.
Pouvons-nous vraiment nous libérer ? La question finale du Monde
Mais le secret final ne serait-il pas contenu dans la carte du Monde ? Toute cette histoire est très belle, mais la fin me chiffonne. La carte du Monde montre l’état de plénitude qu’on atteint une fois qu’on retrouve son essence divine. Sauf qu’il y a un petit détail qui me dérange. Le personnage du Monde est enfermé dans une mandorle. C’est à nouveau un couvercle. Une autre prison ? Une limitation encore. Une autre couche. Matrix finalement n’est jamais loin, ni le Diable avec ses chaînes.
La mandorle montre une victoire, soit. Mais sur le dessin, le personnage ne peut pas en sortir. Alors je me demande si nous ne serions pas en train de vivre des cycles, et qu’à la fin de chaque cycle il y ait comme un reset, et que nous recommencions à zéro en ayant tout oublié. Vous voyez, comme dans Men in Black. Regardez bien la lumière… et pouff. Tout oublié. Et tout retourne aux secrets du tarot.
Le tarot est une source absolument merveilleuse de savoir infini. Il cache autant de mystères qu’il en révèle. Ce n’est qu’en avançant dans la connaissance qu’on découvre, par bouts, des bribes d’informations qui sont chaque fois plus incroyables et qui nous mettent face à un monde de plus en plus illusoire.
Je vous laisse à cette réflexion.
→ Pour continuer ce voyage : tarot et karma, la boucle dans laquelle nous tournons, les arcanes majeurs et le chemin de vie et libre arbitre et tarot : ce que les arcanes nous apprennent vraiment.






