Libre arbitre et tarot : ce que le bien et le mal dans les arcanes nous apprennent vraiment
Le bien et le mal dans le tarot ne sont pas des notions abstraites ou symboliques qu’on brandit pour faire peur ou pour impressionner. Ils existent bel et bien. Et le tarot, contrairement à beaucoup d’autres systèmes, ne les cache pas. Il les montre. Il les nomme. Il explique pourquoi ils existent et surtout, ce qu’on peut en faire.
Ce qui est encore plus intéressant, c’est que le tarot ne cherche pas à nous pousser dans un camp plutôt que dans l’autre. Il cherche à nous redonner quelque chose que beaucoup ont perdu sans s’en rendre compte : la capacité de choisir vraiment. Et c’est précisément autour de cette notion que tout l’enseignement des arcanes majeurs s’organise.
Le bien et le mal dans le tarot : une dualité inscrite dans chaque carte
Le tarot commence son premier cycle, les cartes de 1 à 10 des arcanes majeurs, en nous présentant l’aspect matériel de notre société. Les personnages des premières cartes sont des représentants du pouvoir : l’Impératrice, l’Empereur, le Pape, la Justice. Et chacune de ces cartes connaît une dualité très nette.
Il y a l’aspect élevé de la carte, celui du pouvoir juste, éclairé, au service de quelque chose de plus grand. Et il y a l’aspect bas, celui du pouvoir perverti par l’argent, la domination, la peur. Ce n’est pas de la philosophie abstraite. C’est une description de ce que nous vivons, de ce que nous avons toujours vécu.
Quelques exemples concrets, parce que c’est là que ça devient parlant :
L’Impératrice dans son aspect bas devient superficielle, consommatrice, mesquine. L’Empereur despotique, avide de pouvoir, centré uniquement sur les biens matériels. Le Pape manipule les esprits à travers les dogmes qu’il impose et la peur qu’il entretient. L’Amoureux cède aux plaisirs faciles. Le Chariot est dévoré par l’orgueil et l’ambition galopante.
Ce n’est pas un hasard si ces aspects sombres sont aussi précisément décrits. Le tarot est un outil de connaissance. Et la connaissance, ça commence par voir ce qui est, pas ce qu’on voudrait que ce soit.
Pourquoi le tarot parle de manière codée
On ne connaît pas vraiment les origines du tarot de Marseille. Mais il semble presque évident qu’il a été conçu par des esprits conscients de ce qui se passait, et qui ont voulu créer un outil pour permettre aux consciences de s’éveiller sans être démasqués.
Car quiconque révèle certaines vérités en plein jour est détruit, ou rendu muet. C’est vrai aujourd’hui, ça l’était bien plus encore à l’époque où le tarot a été créé. Alors le message a été codé. Glissé dans les images, dans les positions, dans les numéros des cartes. Accessible seulement à ceux qui commencent l’initiation vers l’ouverture de la conscience.
Le rôle du tarot est de créer le son de cloche qui permet aux nations endormies de commencer à se réveiller en devenant de plus en plus attentives à ce qui se passe autour d’elles.
C’est pour ça que le tarot ne dit pas les choses directement. Il montre. Il suggère. Il pose des questions plutôt que de donner des réponses toutes faites. Toute démarche qui interdit le choix est contraire à la nature divine de l’homme. Et le tarot ne cherche pas à nous contraindre. Il cherche à nous réveiller.
Le mal comme nécessité dans le chemin de vie
Voilà quelque chose de difficile à accepter au premier abord. Pourquoi le mal existe-t-il si ce n’est pas pour être combattu ?
Parce que sans le mal, l’homme ne pourrait pas se rendre compte de la nécessité du retour aux sources. Il attendrait quelque chose sans bouger. Sans jamais questionner, sans jamais choisir. Or c’est précisément le choix qui est au cœur de tout.
La stratégie défendue par le tarot n’est d’ailleurs pas de lutter contre le mal directement. Lutter contre le mal en s’y confrontant frontalement, c’est lui succomber d’une autre façon. La vraie stratégie, c’est de faire plus de bien pour qu’il prenne plus de place. Créer plutôt que résister. C’est une nuance qui change tout dans la pratique.
Les forces du mal et du bien doivent coexister dans le processus de création précisément pour que l’homme puisse exercer son libre arbitre. Si on le poussait vers le bien sans son consentement, ça ne servirait à rien. Un choix imposé n’est pas un choix.
La Roue de Fortune, pivot de l’enseignement
Ce n’est pas un hasard si la Roue de Fortune se trouve pratiquement au milieu des arcanes majeurs. Elle est le pivot de tout l’enseignement. La carte qui dit : tu as vu comment le système fonctionne. Tu as vu les cycles, les répétitions, les pièges. Maintenant, qu’est-ce que tu en fais ?
Sa compréhension est capitale pour commencer à se réveiller. Et elle est difficile, justement parce qu’elle demande de voir le système dans son ensemble, pas carte par carte. De comprendre qu’on tourne en boucle, et que cette prise de conscience est déjà le début de la sortie.
Les cartes charnières de la démonstration du tarot sont claires dans leur progression. La Papesse révèle. La Roue de Fortune fait comprendre le système. Le Diable montre le mécanisme de manipulation dans sa réalité. La Maison Dieu provoque la prise de conscience. Et ensuite, l’Étoile ouvre une porte.
→ Les arcanes majeurs et le chemin de vie : ce que le tarot a vraiment prévu pour nous
Le tarot comme école du libre arbitre
Le tarot n’est pas une doctrine. Les doctrines nient le choix. Et tout ce qui nie le choix est contraire à la nature divine de l’homme.
Ce que le tarot propose, c’est autre chose. Il présente à chaque étape toutes les alternatives. Le bien et le mal côte à côte, pour que l’homme puisse voir et comprendre. Les tests de la vie, dans cette lecture, sont des confrontations avec les forces des deux camps. Et les forces du mal ont su, au fil du temps, exploiter les faiblesses de la nature inférieure de l’homme avec une précision redoutable.
L’illusion joue un rôle central là-dedans. La carte du Diable le montre très bien : l’illusion peut prendre les apparences du bien. Ce qu’on croit être une bonne chose, un bon choix, une belle direction, peut être un mirage. Le Diable maintient l’humanité dans une forme d’apathie, d’endormissement. Il utilise les drogues de notre société, la désinformation, l’abêtissement collectif, les conceptions matérialistes, la violence banalisée. Quand l’homme perd sa capacité de penser par lui-même, il devient facile à manipuler.
Mais malgré tout cela, chaque individu reste en mesure de choisir son camp. C’est fondamental. Et c’est ce que le tarot ne cesse de répéter, d’une carte à l’autre.
Le Mat, figure du choix conscient et du libre arbitre
C’est pour ça que le Mat est le personnage principal du Tarot de Marseille. Il est le point de référence. Celui qui refuse de rentrer dans le moule. Celui qui voit sans être dupe. Celui qui exerce son libre arbitre de manière totale, en dehors des pressions sociales, des obligations, des mirages.
Il est hué parce qu’il n’est pas le mouton attendu. Il se marginalise, et cette marginalisation est un acte délibéré, pas une fuite. C’est la seule façon d’échapper au pouvoir du Diable et d’éviter de tomber dans le mirage du Monde qui promet l’épanouissement avant de remettre au point de départ.
Le libre arbitre dans le tarot, c’est ça. Pas une liberté abstraite. Celle qui est déterminée par le degré de conscience et de discernement de chaque personne. Plus on voit, plus on comprend, plus le choix devient réel.
→ Pour approfondir : le libre arbitre dans le tarot et tarot et karma : la boucle dans laquelle nous tournons.
La Lune, retour à sa vraie nature
Tout concourt à nous mener vers le Diable dans le deuxième cycle des arcanes majeurs. Et c’est seulement en redescendant au plus profond de nos abîmes intérieures, à travers la Lune, que quelque chose de nouveau devient possible.
La Lune est souvent mal comprise. On l’associe au passé, aux peurs, aux mauvaises mémoires. Mais elle fait bien plus que ça. Elle ramène l’homme à son origine. Elle le confronte à ce qu’il est vraiment, avec tout ce qu’il porte en lui, le clair et l’obscur. Et voir, ce n’est pas décider ce qui est bien ou mal. C’est simplement accepter ce qui est. En voyant cela, quelque chose se déplace en l’homme. Il devient conscient de sa vraie nature. Et à partir de là, il peut choisir sa voie, librement, en connaissance de cause.
Ce que le tarot attend vraiment de nous
Si les humains ne se réveillent pas, ils ne peuvent pas comprendre pourquoi les conditions de vie sont si difficiles, ni pourquoi autant de choses aberrantes arrivent dans le monde. Ils subissent sans voir. Ils réagissent sans comprendre.
Quand ils commencent à prendre conscience de la lutte entre le bien et le mal, quelque chose change. Ils comprennent que les malheurs ne sont pas des fatalités. Que l’homme maintenu dans l’ignorance erre dans un désert aride. Et que la sortie existe.
Le tarot ne demande pas qu’on devienne parfait. Il demande qu’on commence à voir. Ce qui se passe autour de nous, ce qui se passe en nous. Parce que sans ça, le libre arbitre reste un mot. Avec ça, il devient quelque chose de concret.
→ Pour continuer cette lecture : le bien et le mal dans le tarot, les arcanes majeurs et le chemin de vie et tarot et karma.



