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  • Retrouver la joie avec le Tarot : ce que les cartes révèlent sur ce qui l’empêche

Il y a une phrase que j’entends régulièrement en séance, formulée de dizaines de façons différentes mais qui dit toujours la même chose : “Quand les choses iront mieux, je serai plus heureux.” Quand j’aurai réglé ce problème. Quand cette relation se sera stabilisée. Quand j’aurai trouvé un travail qui me convient. La joie est toujours reportée à une condition future qui, une fois atteinte, en appellera une autre.

Ce que j’ai appris au fil des années, c’est que ce mécanisme n’est pas un défaut de caractère. C’est une habitude mentale. Et comme toute habitude, elle se voit dans les cartes.

Ce que la joie n’est pas

La joie n’est pas un état qu’on atteint quand les circonstances sont enfin favorables. Ce n’est pas non plus une émotion intense réservée aux grands moments. C’est quelque chose de beaucoup plus discret et beaucoup plus stable : une disponibilité intérieure à ce qui est là, maintenant, sans condition.

Ce qui empêche cette disponibilité, ce sont les deux grands pièges que le mental construit en permanence : le passé qu’on ressasse et le futur qu’on conditionne. Le Tarot les montre tous les deux avec une précision que je trouve chaque fois saisissante.

Les deux mirages qui éloignent de la joie

Le piège du passé

retrouver la joie avec le Tarot présent passé futur

Certaines personnes vivent émotionnellement dans un temps qui n’existe plus. Elles rejouent des moments difficiles, ou à l’inverse, restent accrochées à un passé heureux qu’elles essaient de retrouver. Dans les deux cas, elles ne sont pas disponibles pour ce qui se passe maintenant.

Le Tarot le montre clairement. Le 5 de Coupes est l’image exacte de ce rapport au passé : les coupes renversées retiennent toute l’attention, celles qui sont encore pleines restent invisibles. Le 3 d’Épées montre la douleur ancienne qu’on porte encore, bien après que la blessure soit refermée. Et le 9 d’Épées dit quelque chose d’encore plus précis : ce n’est plus la situation réelle qui fait souffrir, c’est la rumination sur elle.

La Lune appartient aussi à cette famille. Elle parle de ce qui remonte du fond sans qu’on l’ait appelé, les mémoires qui colorent la perception du présent sans qu’on s’en rende compte.

L’illusion du futur conditionnel

L’autre piège est symétrique. Ce sont les personnes qui vivent dans le “quand”. Quand j’aurai ça, quand ce sera réglé, quand je serai prêt. Elles mettent une condition à leur joie, et cette condition recule à mesure qu’on s’en approche.

Le 2 d’Épées montre cet état de blocage volontaire, les yeux bandés sur une situation qui demande pourtant une décision. Le 8 d’Épées va plus loin : on est entouré d’obstacles, mais le bandeau est sur les yeux, pas sur les jambes. Ce qui enferme, c’est la façon de voir, pas la situation elle-même.

Ce que ces cartes ont en commun, c’est une attention entièrement tournée vers ce qui manque ou ce qui devrait être autrement. Il n’y a plus de place pour ce qui est là.

Ce que le Tarot montre sur le moment présent

Ce qui m’a toujours frappée avec le Tarot, c’est qu’il est fondamentalement un outil du présent. Même quand on l’utilise pour questionner l’avenir, il parle de ce qui se passe maintenant, de ce qu’on porte, de ce qu’on évite, de ce qui est disponible si on le voit.

Le Pendu en est l’exemple le plus évident. Il ne dit pas “attends que ça passe”. Il dit “reste dans l’être, observe, ne force pas”. C’est une invitation à habiter le moment plutôt qu’à le traverser en retenant son souffle.

L’Étoile verse ses eaux dans un mouvement continu, sans calcul, sans attente de retour. Elle est dans l’action présente, entière, sans condition. C’est peut-être la carte qui montre le mieux ce qu’est la joie comme état naturel : quelque chose qui coule quand on ne le retient pas.

Les quatre As du Tarot portent eux aussi cette idée. Chacun dans sa couleur, ils représentent un potentiel à l’état pur, avant que le mental ne vienne le charger d’attentes ou de craintes. Ce que je remarque souvent en séance : quand quelqu’un tire un As et le trouve décevant parce qu’il voulait une réponse plus précise, c’est généralement le signe qu’il cherche une certitude là où le moment lui offre une ouverture. Les deux ne sont pas la même chose.

Et le 10 de Coupes montre ce que donne le moment présent quand on y est vraiment : une plénitude simple, partagée, sans excès ni manque.

Le temps n’est pas précieux du tout, parce que c’est une illusion. Ce que vous percevez comme précieux n’est pas le temps, mais le seul point qui est hors du temps : le moment présent. Effectivement, il est très précieux. Plus vous êtes concentrés sur le temps, passés et futurs, plus vous manquez le moment présent, la chose la plus précieuse qui soit. eckhart tolle

Comment retrouver la joie avec le Tarot : quelques pistes concrètes

Nourrir ce qu’on veut voir grandir

Une chose que j’ai comprise assez tôt : lutter contre ce qui ne va pas renforce ce qu’on combat. Ce n’est pas une idée mystique. C’est une observation que j’ai faite des dizaines de fois en séance. Ce sur quoi on porte son attention prend de la place, qu’il soit négatif ou positif.

Ce que le Tarot peut faire dans ce travail, c’est déplacer l’attention. Pas nier ce qui est difficile, mais élargir le champ. J’ai en tête une personne qui tirait des cartes chaque semaine et ne voyait que les Épées, systématiquement. Un jour elle a tiré le 6 de Coupes et l’a mis de côté presque immédiatement, parce qu’il ne répondait pas à la question qu’elle avait posée. C’est exactement ça le piège : on cherche la confirmation de ce qui fait souffrir et on passe à côté de ce qui nourrit. Quand quelqu’un tire une carte et ne voit que ce qui cloche, je lui demande ce qui tient encore. Ce qui est solide. Ce qui est là malgré tout. C’est souvent là que commence le mouvement.

Se libérer du regard des autres

Beaucoup de conditions qu’on met à sa joie viennent du regard extérieur. On attend d’être reconnu, validé, approuvé avant de se permettre d’aller bien. C’est une dépendance comme une autre, et elle est particulièrement difficile à voir parce qu’elle se déguise en exigence raisonnable.

Le 6 d’Épées montre ce mouvement : on s’éloigne d’eaux agitées vers quelque chose de plus calme, mais la traversée demande de lâcher la rive. Ce que la carte ne dit pas mais que je lis souvent derrière elle : la rive qu’on quitte, c’est parfois l’approbation des autres. Le regard de ceux qui ont défini ce qu’on devrait être.

Retrouver la joie avec le Tarot passe parfois simplement par identifier d’où vient la condition. Est-ce que c’est vraiment ma condition, ou est-ce que c’est une croyance reçue de l’extérieur que j’ai fini par prendre pour la mienne ?

Lâcher l’attachement au résultat

C’est le point le plus difficile et le plus libérateur. Agir sans attacher sa joie au résultat de l’action. Pas parce qu’on s’en fiche, mais parce que le résultat n’est jamais entièrement entre nos mains, alors que l’action, elle, l’est.

La Roue de Fortune parle de ça : les cycles tournent, ce qui monte descend, ce qui descend remonte. Ce n’est pas un encouragement à la résignation. C’est une invitation à cesser de s’épuiser à maintenir un état fixe dans quelque chose qui, par nature, bouge.

Un tirage pour identifier ce qui bloque la joie

Ce tirage en trois cartes peut être fait seul, dans un moment calme. Il ne cherche pas à prédire. Il cherche à rendre visible ce qui tourne en fond.

Pose cette question avant de tirer : “Qu’est-ce qui m’empêche d’être disponible à la joie en ce moment ?”

Tire trois cartes.

La première dit ce qui retient ton attention dans le passé, ce que tu ressasses sans le formuler clairement. La deuxième dit ce que tu attends du futur pour te permettre d’aller bien, la condition que tu poses. La troisième dit ce qui est disponible maintenant si tu cesses de regarder ailleurs.

Prends le temps d’observer les cartes sans chercher immédiatement leur signification dans un livre. Demande-toi d’abord ce que chacune te fait ressentir. La signification vient après. Le ressenti vient d’abord.

Pour aller plus loin sur la façon dont les émotions se lisent dans les cartes : Comprendre ses sentiments avec le Tarot et Identifier ses blocages émotionnels.

Et si tu veux comprendre comment le Tarot fonctionne comme outil de connaissance de soi au sens large : Tarot et psychologie et Utiliser le Tarot pour se connaître.

La joie n’est pas une récompense. Ce n’est pas quelque chose qu’on mérite quand tout va bien. C’est ce qui reste quand on arrête de la conditionner.

 

Au sujet de

SAM

Pouvoir aider les personnes à résoudre leur situation et les amener à une amélioration significative est pour moi un plaisir sans cesse renouvelé qui fait que je suis une passionnée de mon métier dont je parle toujours avec beaucoup d’amour.