Qui es-tu selon le Tarot ? Cette question semble simple en apparence. Et pourtant, elle cache l’une des quêtes les plus vertigineuses qui soit : celle de se connaître soi-même. Non pas superficiellement, nom, prénom, métier, signe astrologique, mais vraiment. Dans ce que l’on ressent, dans ce qui nous anime, dans ce que l’on cache et dans ce que l’on cherche sans toujours le nommer.
Le Tarot est l’un des rares outils qui prend cette question au sérieux. Pas pour y répondre à la place de celui qui pose la question. Mais pour créer les conditions d’une rencontre avec soi-même. Une rencontre qui peut être douce, parfois dérangeante, souvent libératrice.
Votre carte de personnalité Tarot, celle qui correspond à votre date de naissance et à votre chemin de vie, est un point d’entrée vers cette connaissance. Mais ce n’est qu’un début. Car le Tarot ne se contente pas de vous coller une étiquette : il vous tend un miroir. Et c’est ce miroir que nous allons explorer ensemble dans cet article.
J’ai commencé à me poser cette question il y a plusieurs années. Je n’ai pas encore toutes les réponses. Mais ce que j’ai découvert sur le chemin sur moi-même, sur le Tarot, sur la façon dont les deux se nourrissent mutuellement, a changé profondément ma façon de lire les cartes et de me lire moi-même.
Comme quoi, nous sommes des êtres indissociables, bien qu’on s’évertue à nous démontrer le contraire.
Vous êtes-vous déjà posé la question Qui suis-je ? Ou même l’avez-vous posé au Tarot ? 🙂
Qui es-tu selon le Tarot?
Le Tarot aime ce genre de défi. Mais le défi encore plus grand est d’interpréter la carte quand on lui pose la question.
Si vous posez la question, le Tarot vous livrera pour l’instant présent l’une des 78 cartes qui le composent.
Cependant, « qui suis-je selon le Tarot » ne donnera pas forcément la réponse exacte de qui vous êtes. Car cela sera selon le Tarot — et le Tarot parle toujours depuis l’instant présent, depuis l’énergie du moment. Il ne dit pas qui vous êtes pour l’éternité. Il dit ce qui est vivant en vous maintenant.
C’est déjà immense. Et c’est souvent là que les gens s’arrêtent, déçus : « J’ai tiré une carte, elle m’a dit quelque chose, mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment moi. » C’est parce qu’on confond deux niveaux de la question. Il y a ce que le Tarot perçoit de vous à un instant T. Et il y a ce que vous êtes profondément, dans la durée, dans votre structure la plus intime.
Le Tarot aime ce genre de défi. Mais, le défi encore plus grand est d’interpréter la carte quand on lui pose la question. Si vous posez la question, le Tarot, vous livrera pour l’instant présent une des 76 cartes qui le compose.
Cependant, “Qui suis-je selon le Tarot” ne donnera pas forcément la réponse exacte de Qui je suis. Car, cela sera selon le Tarot. Vous me suivez.
La carte de personnalité : une boussole, pas une cage
La carte de personnalité Tarot calculée à partir de votre date de naissance appartient à ce second niveau. Elle ne change pas d’un jour à l’autre. Elle représente l’énergie fondamentale avec laquelle vous êtes venu au monde, ce que vous avez à apprendre et à exprimer dans cette vie.
👉 Pour la calculer, additionnez tous les chiffres de votre date de naissance jusqu’à obtenir un nombre entre 1 et 22.
Ce nombre correspond à l’un des 22 arcanes majeurs. C’est votre carte de personnalité, votre carte d’âme, votre compagnon de vie symbolique.
La carte de personnalité tarot ne vous dit pas ce que vous allez vivre. Elle vous dit comment vous vivez et pourquoi vous vivez les choses comme vous les vivez.
Mais attention : cette carte n’est pas une étiquette. Elle est une boussole. Elle pointe vers quelque chose d’essentiel, sans vous y enfermer. Vous pouvez vous reconnaître pleinement dans votre carte. Vous pouvez aussi vous y reconnaître partiellement, ou dans certaines périodes plus que d’autres.
Ce que le Tarot vous demande, ce n’est pas de vous conformer à la carte, c’est de l’observer avec honnêteté.
Qui es-tu vraiment ? La question plus large
Ce qu’implique vraiment se connaître. Quand je pose la question : qui es-tu ?, je me découvre moi-même. Je m’auto-découvre. Si je tire une lame du Tarot en posant la question : qui suis-je selon le Tarot ?, je découvre une facette de qui je suis.
Mais se connaître, ce n’est pas accumuler des informations sur soi-même. Ce n’est pas faire des tests de personnalité, cocher des cases, collecter des profils. Se connaître, c’est quelque chose de bien plus subtil et plus profond : c’est apprendre à observer ce qui se passe en soi, sans immédiatement juger, nommer ou qualifier ce que l’on voit.
C’est précisément ce que le Tarot peut enseigner, quand on l’utilise non pas comme un oracle qui prédit, mais comme un outil de conscience qui reflète. Chaque carte que vous tirez est une invitation à regarder quelque chose en face, une peur, une force, une tension, un désir enfoui.
Je suis encore en train de me poser cette question. Je ne sais pas si vous avez trouvé une réponse à cette question ? Mais je suis prête à parier que vous n’avez pas encore toutes les réponses 😉
J’aimerais partager ce que j’ai pu découvrir depuis.
La lumière de l’âme contre la lumière de l’ego
Quand je me demande : qui es-tu ?, je découvre que mon âme illumine l’ego plutôt que l’ego assombrit l’expression de qui je suis. Je vois une lumière qui m’apparaît plus lumineuse. Elle contraste avec l’autre lumière, celle de l’ego. Mais je dois être consciente que dans le processus, une fausse lumière , celle de l’ego, peut être trompeuse.
L’ego adore la question « qui suis-je ? » parce qu’il y voit une opportunité de se raconter une histoire flatteuse. Il va choisir les cartes qui lui plaisent, interpréter les symboles dans son sens, rejeter ce qui le dérange. Le travail avec le Tarot consiste précisément à débusquer ce mécanisme. À apprendre à voir non pas ce qu’on veut voir dans la carte, mais ce que la carte montre vraiment.
QQuand je ressens de la joie, que je vois la beauté, alors je sais que je suis sur le bon chemin. Non pas parce que tout est facile ou confortable, mais parce qu’il y a une cohérence profonde entre ce que je suis et ce que je vis. La carte du Tarot me montre cette vraie lumière, ou la fausse. Et c’est à moi d’avoir le courage de faire la différence.
Les arcanes comme miroirs de soi
Les arcanes majeurs du Tarot ne sont pas des personnages extérieurs à vous. Ils sont des facettes de votre psyché. Des aspects de ce que vous êtes, de ce que vous pouvez être, de ce que vous refusez d’être. Jung appelait cela les archétypes — des structures universelles de l’expérience humaine que nous portons tous en nous, à des degrés et sous des formes différentes.
Quand vous observez une carte, vous n’observez pas quelque chose d’étranger. Vous observez une partie de vous-même. C’est inconfortable parfois. Surtout avec certaines cartes —> le Diable, l’Arcane sans Nom, la Lune.
Ces cartes nous montrent ce que nous préférons ne pas regarder. Notre ombre, nos peurs, nos parts obscures.
Le Tarot ne vous montre que ce que vous êtes capable de voir. Et parfois, ce que vous n’êtes pas encore prêt à voir vous apparaît dans la carte, précisément pour vous préparer à le regarder.
- Comment chaque arcane majeur peut vous parler de vous
- Chaque arcane majeur est un miroir à facettes.
👉 Voici comment les lire non pas comme des événements ou des situations, mais comme des aspects de votre être
Ce que révèlent les arcanes majeurs sur vous
Le Mat
Le Mat est la part de vous qui sait partir sans garantie. Celle qui fait confiance à la vie, qui s’élance sans filet. Si cette carte vous résiste, peut-être êtes-vous trop attaché à la sécurité. Si elle vous attire irrésistiblement, peut-être avez-vous besoin de vous rappeler que l’aventure est aussi une forme de sagesse.
Le Bateleur/Magicien
Le Bateleur est la part de vous qui sait transformer les ressources disponibles en quelque chose de nouveau. Celle qui jongle, qui crée, qui communique. Si vous vous sentez bloqué, cette carte vous demande : qu’est-ce que tu as déjà entre les mains, et que tu n’utilises pas encore ?
La Papesse
La Papesse est la part de vous qui sait se taire pour entendre. Celle qui porte une connaissance intérieure profonde, souvent non exprimée. Elle représente tout ce que vous savez sans pouvoir l’expliquer, votre intuition, votre mémoire de l’âme.
L’Impératrice
L’Impératrice est la part de vous qui crée, qui nourrit, qui donne la vie au sens propre comme au sens figuré. Vos projets, vos enfants, vos idées, vos jardins intérieurs. Elle vous demande : est-ce que tu prends soin de ce que tu as planté ?
L’Empereur
L’Empereur est la part de vous qui structure, qui construit, qui protège. Celle qui pose des limites non par peur mais par souci d’ordre et de durabilité. Sa question est : qu’est-ce que tu es en train de bâtir, et sur quelles fondations ?
Le Pape
Le Pape est la part de vous qui transmet, qui relie, qui enseigne. Celle qui cherche le sens dans les traditions et les liens humains. Il vous demande : à qui passes-tu ce que tu as appris ? Quel pont es-tu en train de construire entre le visible et l’invisible ?
L’Amoureux
L’Amoureux est la part de vous qui choisit ou qui refuse de choisir. Celle qui vibre face à la beauté, au désir, à l’amour. Il représente aussi vos valeurs profondes, ce à quoi vous tenez vraiment quand vient le moment de décider.
Le Chariot
Le Chariot est la part de vous qui avance, qui conquiert, qui maîtrise. Celle qui sait tenir les rênes de forces opposées et les mettre au service d’un but. Sa question est : vers quoi tu te diriges, et est-ce vraiment toi qui conduis ?
La Justice
La Justice est la part de vous qui évalue, qui pèse, qui cherche l’équilibre juste. Celle qui sait distinguer le vrai du faux, le nécessaire du superflu. Elle ne juge pas, elle discerne.
L’Hermite
L’Hermite est la part de vous qui chemine seul vers la lumière intérieure. Celle qui n’a pas besoin de validation extérieure pour avancer. Il représente votre capacité à vous faire confiance dans le silence et la solitude.
La Roue de Fortune
La Roue de Fortune est la part de vous qui comprend que la vie est cyclique. Celle qui peut s’élever sans s’accrocher, descendre sans s’effondrer. Elle vous rappelle que vous n’êtes pas le centre fixe de votre propre histoire, vous en faites partie.
La Force
La Force est la part de vous qui sait apprivoiser ce qui est puissant en elle sans le réprimer. Celle qui transforme la violence potentielle en énergie créatrice. Elle ne force pas, elle persuade par la douceur.
Le Pendu
Le Pendu est la part de vous qui accepte de se suspendre pour voir autrement. Celle qui sait que parfois, ne rien faire est la chose la plus sage et la plus courageuse. Il représente le lâcher-prise non pas comme abandon, mais comme acte de confiance.
L’Arcane sans Nom/Mort
L’Arcane sans Nom est la part de vous qui sait mourir à ce qui doit disparaître. Celle qui comprend que chaque fin est une naissance déguisée. C’est la carte la plus mal comprise, et souvent la plus libératrice.
Tempérance
La Tempérance est la part de vous qui circule entre les mondes. Celle qui mélange, harmonise, distille. Elle représente votre capacité à trouver le juste dosage dans tous les domaines de votre vie.
Le Diable
Le Diable est la part de vous que vous préférez ne pas regarder. Celle qui est enchaînée à ses dépendances, à ses peurs, à ses illusions. Mais regardez bien la carte : les chaînes sont lâches. Elles se retirent facilement. Ce qui vous retient, c’est d’abord la croyance que vous ne pouvez pas partir.
La Maison Dieu/Tour
La Maison Dieu est la part de vous qui a besoin de ruptures pour avancer. Celle qui accumule jusqu’à ce que tout explose et qui découvre dans les décombres une liberté inattendue. Elle n’est pas une malédiction : elle est un signal.
L’Etoile
L’Étoile est la part de vous qui donne sans compter, qui rayonne sans effort. Celle qui croit en l’avenir même après avoir traversé les ténèbres. Elle représente votre capacité à vous régénérer, à espérer, à offrir.
La Lune
La Lune est la part de vous qui vit dans les eaux profondes de l’inconscient. Celle qui ressent avant de comprendre, qui rêve avant d’agir. Elle est aussi la part qui peut se perdre dans ses propres illusions ou trouver dans les profondeurs des trésors que la lumière du jour ne peut pas atteindre.
Le Soleil
Le Soleil est la part de vous qui brille sans complexe. Celle qui aime, qui joue, qui crée avec joie. Elle représente votre enfant intérieur vivant, présent, capable de s’émerveiller.
Le Jugement
Le Jugement est la part de vous qui entend l’appel. Celle qui se relève, qui répond, qui se renouvelle. Elle représente votre capacité à vous transformer volontairement par choix conscient.
Le Monde
Le Monde est la part de vous qui danse au centre de tout. Celle qui a intégré toutes les expériences, toutes les contradictions, et qui en fait quelque chose de cohérent et de vivant. Elle représente la complétude.
Utiliser le Tarot pour savoir qui tu es : le mécanisme de la découverte
Essayez la chose suivante : étalez votre paquet de Tarot préféré et tirez une carte au hasard, en lui posant la question : qui suis-je selon le Tarot ? Surprise !
Faites ensuite un pas vers l’image que vous présente le Tarot : qu’est-ce que vous entendez, sentez, ressentez, voyez ?
Je m’arrête ici parce que je suis sûre que vous avez déjà mis un nom à chaque chose. Vous vous dites : je vois un personnage debout, je ressens quelque chose de fort, ça ressemble à de la détermination, c’est peut-être un signe que…
Stop.
Ce n’est pas ce chemin-là.
L’observateur observé : sortir du mode analyse
Je pense qu’une partie des difficultés se trouve dans celui qui pose la question. Poser la question et chercher une réponse génère de la part de l’ego presque toujours un processus de limitation. L’esprit adore les défis. Il aime répondre aux questions. Mais le but est de faire l’expérience de qui je suis.
Il en va de même quand je pose la question : qui suis-je selon le Tarot ? Dans ce cas, l’observateur devient le Tarot. Mais est-il lui-même limité dans le processus d’observation ? La réponse que j’ai trouvée, c’est : seulement si je le laisse être limité.
Maintenant, essayez de sortir de tout cela. Prenez le chemin vers l’intérieur en observant la carte. Observez sans rien faire par rapport à ce que vous remarquez. C’est beaucoup plus calme, n’est-ce pas ?
Le but, quand vous posez la question au Tarot, n’est pas de vous qualifier. Ce n’est pas la réponse à la question. Le but est ici de prendre conscience. Il faut noter que je ne dis pas « faire » mais mettre une conscience dans le processus. Parce que « faire » ferme le processus là où se trouve l’acte d’être qui permet de garder le processus vivant.
La mise à mort des alternatives
Parfois quand j’observe simplement la carte, mais cela marche aussi pour toute autre chose, non seulement je ressens de la paix, mais parfois des larmes de joie, un sentiment d’appartenance, parfois même un sens d’être suffisamment grande pour inclure tout ce qu’il y a dans le monde. Mais aussi rapidement que je commence à mettre des étiquettes sur l’expérience que je vis, pouf, tout s’en va.
Quand je décide quelle est l’expérience que je suis en train de vivre, je tue immédiatement toutes les alternatives. Je ferme toutes les autres portes et une seule réponse arrive. Je me rends compte alors que je limite l’expérience. Je tue l’alternative de mon processus de découverte.
C’est comme cela que je comprends que je ne peux pas qualifier, juger, nommer, décider. Je ne peux qu’observer de manière impassible mais consciente.
Ne pas nommer ce que vous voyez, c’est laisser la carte vous parler dans sa propre langue, celle des symboles, des sensations, des intuitions, plutôt que de la traduire immédiatement dans celle de l’ego.
Un tirage simple pour se rencontrer soi-même
Voici une pratique que vous pouvez adopter régulièrement, non pas comme un tirage divinatoire, mais comme un rituel de connaissance de soi. Tirez trois cartes et posez-vous ces trois questions, dans cet ordre :
Carte 1 — Ce que je montre au monde en ce moment. Le visage que je présente, consciemment ou non.
Carte 2 — Ce que je vis intérieurement mais ne montre pas. Ce qui est là, présent, mais caché.
Carte 3 — Ce que je suis en train de devenir. La direction dans laquelle mon être se déplace actuellement.
Ne cherchez pas à analyser. Observez. Ressentez. Laissez chaque carte déposer quelque chose en vous avant de passer à la suivante. C’est souvent dans l’espace entre les cartes dans le silence qui les relie que la réponse la plus vraie apparaît.
Qualifier reste cependant utile : l’équilibre entre conscience et action
Attention ! ce n’est pas que le processus de nommer ou de décider n’est pas utile. Parce que bien au contraire, c’est une nécessité. C’est un processus de l’évolution qui permet de créer de la sécurité et de pouvoir mesurer rapidement une situation pour survivre et agir.
Par conséquent, je n’ignorerai pas ces capacités quand je suis, par exemple, en train de marcher dans une rue sombre et mal famée. L’ego, dans ces moments, est un outil précieux, voire vital.
Mais on n’a pas besoin non plus de vivre toute sa vie en mode survie. Quand le stress généré par mon esprit et ses réactions commence à peser trop lourdement sur moi, je décide de sortir de lui et de laisser cette réalité.
Je demande alors au Tarot : qui suis-je ? Et il me donne la couleur du moment, de l’instant présent. une nuance. Une texture. Un reflet qui me permet de me retrouver.
Le Tarot ne dit pas qui vous êtes pour toujours. Il vous montre qui vous êtes maintenant et c’est déjà infiniment précieux.
Qu’est-ce que cela a à voir avec la question originale : qui es-tu ? C’est au sujet de se dire la vérité sur une observation, que cette observation vienne de l’extérieur ou de l’intérieur. C’est ouvrir l’expérience immédiate de la réalité telle qu’elle apparaît vierge et intouchée. Avant que l’ego ne la refaçonne à son image.
La carte de personnalité Tarot dans la durée : ce qu’elle révèle que le quotidien cache
Votre carte de personnalité Tarot n’est pas un instantané. Elle est une ligne de fond. Une musique qui joue en dessous de tout ce que vous vivez même quand vous ne l’entendez pas, même quand le bruit du quotidien la couvre.
Il y a des périodes de votre vie où vous serez en plein accord avec votre carte. Où vous l’exprimerez pleinement, avec ses forces, son élan, sa lumière. Et il y a des périodes où vous en serez très loin, épuisé, perdu, contrarié dans votre nature profonde. Ces moments de distance sont souvent les plus douloureux. Mais ils sont aussi les plus instructifs.
Parce que quand vous vous éloignez de qui vous êtes vraiment, quelque chose en vous le sait. Pas toujours consciemment. Mais le corps le sait. L’humeur le sait. Le sentiment de vide ou de tension que vous portez certains jours sans pouvoir l’expliquer, c’est souvent cela.
L’ombre de votre carte : ce que vous refusez d’être
Chaque carte de personnalité a une ombre. Non pas dans le sens négatif ou mauvais, mais dans le sens jungien : ce qui est là mais non éclairé. La partie de votre nature que vous n’avez pas encore intégrée, ou que vous rejetez parce qu’elle vous fait peur, parce qu’elle ne correspond pas à l’image que vous voulez donner.
Un Chariot qui refuse sa vulnérabilité deviendra rigide et solitaire. Une Papesse qui refuse son corps deviendra froide et inaccessible. Un Soleil qui refuse sa nuit intérieure deviendra superficiel et fragile dès que la vie assombrit le tableau.
Travailler avec sa carte de personnalité, c’est aussi travailler avec son ombre. C’est accepter que la lumière de la carte et son revers sombre font partie du même être.
Quand votre carte change de visage : l’évolution au fil des années
Votre carte de personnalité ne change pas. Mais vous, si. Et au fil des années, au fil des expériences, vous allez exprimer votre carte différemment. La même carte peut se manifester comme une peur à vingt ans, comme une force à quarante ans, comme une sagesse à soixante ans.
C’est pourquoi il est précieux de revenir régulièrement à votre carte pour voir comment vous avez évolué dans votre relation avec elle. Quelle partie avez-vous intégrée ? Quelle partie résiste encore ? Qu’est-ce que la vie vous a appris sur votre propre nature cette année ?
Le Tarot, utilisé comme outil de connaissance de soi dans la durée, devient alors quelque chose de très différent d’un oracle ponctuel. Il devient un journal de bord de l’âme.
Ce qui reste quand la carte se tait
À la fin du compte, voici ce que j’ai compris. La question « qui suis-je selon le Tarot ? » est une belle porte d’entrée. Elle donne un cap, une couleur, un premier miroir. Mais la vraie réponse à « qui suis-je ? » ne se trouve pas dans la carte.
Elle se trouve dans l’espace que vous créez pour vous observer.
- Dans la qualité de présence que vous apportez à votre propre expérience.
- Dans votre capacité à regarder, sans fuir ni saisir, ce que la vie et les cartes vous montrent.
Le Tarot, dans ce processus, est un compagnon incomparable. Parce qu’il sait poser les bonnes questions. Et parfois, une bonne question vaut infiniment plus qu’une réponse trop vite trouvée.
Qui es-tu ? Peut-être es-tu celui ou celle qui pose la question. Et peut-être que c’est déjà là, dans cette curiosité vivante sur toi-même, que réside la partie la plus précieuse de ce que tu es.
