Réaliser un tirage avec le Tarot, c’est plus simple qu’on ne l’imagine. Et en même temps, c’est rarement expliqué correctement. On te donne des listes de significations, des tirages tout faits, des manuels à n’en plus finir. Mais ce qu’on t’explique rarement, c’est comment le tirage fonctionne mécaniquement : comment construire les positions, comment les lire, et pourquoi la carte de synthèse change tout à la compréhension du message.
C’est exactement ce que tu vas trouver ici. Un guide pratique, avec un exemple commenté de A à Z, pour que tu comprennes non seulement comment tirer les cartes, mais ce que tu es censé faire avec une fois qu’elles sont posées devant toi.
Dans cet article, tu vas voir :
- Ce qu’on peut vraiment demander au Tarot (et ce qu’on lui demande trop souvent à tort)
- Comment construire les positions de ton tirage
- Un exemple de tirage à 3 cartes commenté pas à pas
- Le tirage en croix et le calcul de la carte de synthèse
- Pourquoi les associations de cartes sont le vrai cœur de la lecture
Ce qu’on peut demander au Tarot (et ce qu’on lui demande mal)
Le Tarot peut traiter à peu près n’importe quelle question. Connaissance de soi, relation amoureuse, décision à prendre, situation professionnelle, état intérieur à explorer. Sa polyvalence est réelle. Mais il y a une condition que la plupart des débutants oublient : plus la question est réfléchie et ouverte, plus la réponse sera utile.
Le problème qu’on rencontre souvent au début, c’est qu’on pose des questions fermées, celles qui appellent un oui ou un non. “Est-ce qu’il va revenir ?” “Vais-je trouver du travail ?” Ce type de question met le Tarot dans une position impossible. Ce n’est pas un oracle de prédiction binaire. C’est un outil qui lit des potentialités, des énergies en mouvement, des tendances. Lui demander de trancher comme un juge, ça ne fonctionne pas, ou en tout cas ça ne donne pas les lectures les plus riches.
Ce qui fonctionne, c’est de lui demander d’éclairer une situation. “Qu’est-ce qui se joue dans cette relation en ce moment ?” “Quelle énergie est présente autour de ma recherche d’emploi ?” “Quel est l’état intérieur de cette personne par rapport à moi ?” Ce type de formulation laisse les cartes s’exprimer pleinement.
Pour aller plus loin sur la question, l’article comment poser les bonnes questions au Tarot est une lecture incontournable avant de commencer à pratiquer.
Construire les positions de ton tirage
Un tirage avec le Tarot n’est pas un tas de cartes retournées au hasard. C’est une structure. Chaque carte occupe une position, et cette position lui donne son sens dans le contexte de la question.
Les positions les plus simples : passé, présent, futur. Ou encore : pour, contre, synthèse. Ou : situation actuelle, obstacle, conseil. Ces structures existent depuis longtemps parce qu’elles fonctionnent. Elles créent un cadre de lecture qui guide l’interprétation sans l’enfermer.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que la même carte peut dire des choses très différentes selon la position qu’elle occupe. Le Soleil dans la position “pour” évoque la réussite, la clarté, une relation lumineuse. Le Soleil dans la position “contre” ou “obstacle” parle d’un orgueil trop présent, d’un aveuglement, d’une situation sentimentale bloquée par trop de certitudes. C’est la même carte, mais ce n’est pas le même message.
Quand tu débutes, utilise des positions prédéfinies. Ça t’évite de devoir inventer en cours de route, et ça guide ta lecture naturellement. Pour apprendre à créer tes propres tirages et tes propres positions, il y a un article dédié sur le site.
Exemple commenté : un tirage à 3 cartes (passé, présent, futur)
Voici comment fonctionne concrètement un tirage avec le Tarot à 3 cartes. Je vais te montrer un exemple réel, avec une question précise et une lecture pas à pas.
La question : “Mon ami est parti en claquant la porte. Est-ce qu’il y a des probabilités pour qu’il décide de me recontacter dans les jours à venir ?”
Remarque d’abord la formulation. On ne demande pas “est-ce qu’il va revenir” (oui/non). On interroge les probabilités en fonction de la situation présente, ce qui est beaucoup plus nuancé et beaucoup plus utile.
Les positions choisies : Passé (historique de la situation) / Présent (état actuel) / Futur (probabilité à venir)
Les cartes tirées : Lame XIV (Tempérance) en passé, Lame XIII (L’Arcane sans nom) en présent, Lame VI (L’Amoureux) en futur.
La lecture :
En passé (Tempérance), on voit qu’il y a eu des échanges, des communications, peut-être des messages ou des écrits. Une relation qui cherchait à s’équilibrer, à trouver un juste milieu entre deux énergies.
En présent (L’Arcane sans nom), la carte parle de rupture, de coupure nette, d’un état de séparation. Ce n’est pas une carte de mort au sens littéral, c’est une carte de transformation forcée. Elle dit que la situation actuelle est celle de l’éloignement, d’une coupure par rapport à ce qui a été vécu.
En futur (L’Amoureux), et c’est là que la lecture devient intéressante, on voit revenir la thématique du lien, du choix, du sentiment. La carte suggère que la rupture actuelle est une étape, pas une conclusion. Il y a de réels sentiments en jeu, et le retrait vécu en présent semble être une façon pour cette personne de prendre conscience de ce qu’elle ressent vraiment.
Le Tarot ne prédit pas l’avenir. Il lit les potentialités à partir de ce qui est là maintenant. Cette nuance change tout à la façon dont on utilise les cartes.
Pour aller plus loin avec les exemples pratiques, tu peux consulter la page comment interpréter un tirage du Tarot ou parcourir les différentes méthodes de tirage disponibles.
Le tirage en croix et le calcul de la carte de synthèse
Le tirage en croix est le plus connu de tous. On l’appelle aussi tirage de la croix celtique, même si les versions varient beaucoup. Dans sa forme la plus simple, il repose sur 4 cartes disposées en croix, avec une 5ème carte au centre qui fait la synthèse de l’ensemble.
C’est un bon tirage pour aller un peu plus loin qu’un tirage à 3 cartes, tout en restant accessible. Il permet de répondre à une question précise tout en apportant des nuances sur les personnes impliquées, les obstacles, la meilleure attitude à adopter.
Comment calculer la carte de synthèse ?
La carte centrale peut être tirée au hasard (c’est ce que je recommande quand on débute, la main guidée par l’inconscient est souvent plus révélatrice qu’un calcul) ou calculée selon deux méthodes.
La réduction théosophique : on additionne les numéros des 4 arcanes tirés, puis on additionne les chiffres du total obtenu jusqu’à arriver à un nombre entre 1 et 22. Par exemple, si tu tires l’Impératrice (3), l’Arcane sans nom (13), le Soleil (19) et le Jugement (20), tu obtiens 3 + 13 + 19 + 20 = 55, puis 5 + 5 = 10, soit la Roue de Fortune en carte de synthèse. Pour le Mat, qui ne porte pas de numéro, on lui attribue la valeur 0.
La méthode modulo : on soustrait 22 (le nombre d’arcanes majeurs) au total obtenu, autant de fois que nécessaire pour descendre sous 22. En reprenant l’exemple précédent : 55 − 22 = 33, puis 33 − 22 = 11, soit la Force. Le résultat est différent de la première méthode, ce qui m’a toujours semblé être une limite de cette approche.
Pourquoi je préfère tirer au hasard
Ces calculs ont leur intérêt. Mais il faut être conscient de leur limite : les combinaisons possibles sont finies. L’Impératrice (3), par exemple, ne peut être obtenue par réduction que si la somme des 4 cartes fait 3 ou 30. Ça réduit mécaniquement le champ de ce que le Tarot peut te dire. La main qui tire, elle, n’a pas ces contraintes. C’est pour ça que je te conseille, au moins dans un premier temps, de tirer la carte centrale plutôt que de la calculer.
Les associations de cartes : là où tout se joue vraiment
On passe souvent trop vite sur ce point, et c’est dommage parce que c’est le cœur de la lecture. Une carte seule a une signification générale. Deux cartes ensemble créent un sens nouveau, qui n’est ni la somme des deux ni vraiment différent. C’est une alchimie.
C’est ce qu’on appelle les associations de cartes, et c’est ce qui fait la différence entre une lecture mécanique et une lecture vivante. Deux personnes peuvent tirer les mêmes cartes sur la même question et lire deux choses complètement différentes, parce qu’elles n’ont pas la même façon de sentir comment ces cartes dialoguent entre elles.
Il n’existe pas de liste exhaustive d’associations correctes. Ce que tu trouveras dans les manuels ou dans les articles du blog, c’est une base. Un point de départ. L’objectif, à terme, c’est de construire ton propre langage avec le Tarot, tes propres associations, tes propres images mentales pour chaque combinaison. Ça prend du temps, et c’est normal.
La seule règle vraiment importante : respecter les positions. C’est elles qui donnent le contexte. Une association de cartes lue hors de ses positions ne veut plus dire grand-chose.
Le Tarot est un outil de développement personnel avant d’être un outil de prédiction. Il ne sert pas à décider à ta place, il sert à t’éclairer sur ce qui est déjà là.
Pour continuer à explorer la pratique du tirage, tu peux lire l’article sur comment tirer les cartes pour soi ou pour les autres, ou consulter la page quel tirage du Tarot choisir selon ta question pour trouver la méthode qui correspond à ce que tu cherches. Et si tu rencontres des difficultés à lire tes tirages, l’article sur les erreurs fréquentes en tirage du Tarot est une bonne piste pour identifier ce qui coince.


